La friendzone : naufrage annoncé du Titanic du love

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S’il existe un endroit d’où il est difficile de sortir, c’est bien la friendzone. Je me la représente comme une sorte de marécage brumeux à perte de vue – ambiance Chien des Baskerville un peu. Comme les sables mouvants, plus on essaye de s’en dépêtrer, plus on s’enfonce…

Un peu moins métaphoriquement, la friendzone, c’est là où on colle le bon copain (la bonne copine ça marche aussi). Celui qu’on appelle : « le grand/petit frère », « le confident », « le jumeau » et autres sobriquets périmés tout droit tirés de nos années collège. Si à l’époque, c’était bon signe, ça ne l’est plus du tout passé 20 ans. Au contraire… Pour faire simple c’est un peu comme si tu t’étais fait passé les roupettes au hachoir quoi. Avec elle, t’as perdu tout sex-appeal. C’est à peine si t’es sexué. Ouais, je sais, ça fait mal, mais rappelez-vous que Drake est frienzoné lui aussi !

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Parfois, et fort heureusement, on est pas obligé de se coltiner le sobriquet. Alors, il faut être un peu plus fin dans l’analyse (lucide ?!). Il y a des sujets de conversations qui ne trompent pas. Si la demoiselle évoque tout naturellement son cycle menstruel ou son combat acharné contre la cellulite en ta présence, il y a de fortes chances pour que tu sois déjà sévèrement friendzoné. Rappelle-toi, qu’une femme ça pète uniquement des paillettes – quand elle ouvre la boîte aux petits secrets, c’est fini pour toi.

Jusque là, vous me suivez ? On peut corser l’affaire ?

J’entends déjà la foule en délire quémander l’anecdote made in The Happenis… Elle est là !

Il arrive que parfois, mettre ses règles sur la table du troquet ne soit point chose aisée. Il faut donc miser sur la subtilité et risquer que le message passe mal. Voire même, reste littéralement coincé dans le conduit. Moment gênant en perspective.

Ce fut le grandement le cas avec ce type, rencontré alors que je venais d’emménager dans une nouvelle ville. J’étais là pour le boulot, il était là pour son plaisir – et rien que ça, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille parce que c’était pas bien fun qu’on se le dise. Ce type – assez grand, brin, enflé comme un manche à balais, qu’il s’est probablement fourré dans le f*** – vient échanger quelques mots avec moi sur fond de questions professionnelles. « Tient, il tombe pas si mal lui, je me fais chier comme un rat mort », me dis-je alors. Je ne peux pas lui retirer une certaine finesse d’esprit assortie d’un bon sens de l’humour. « Je vais prendre un verre, tu me suis ? », lui lance-je rapidement. Un godet de blanc et une petite heure de causette plus tard. Je décide de plier les gaules, lui lâchant mon 06 bien aimablement. Il me convie plusieurs fois à boire des verres dans les semaines suivantes. J’honore les invitations. C’est souvent un peu chiant, faut bien le dire. Mais le type est sympathique et loin de moi l’envie d’être désagréable – quoi que quand il fait des manières pour me payer un verre alors que je garde la table, j’avoue que je ne suis pas loin de prendre mes clics et mon boule avant de me casser.

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J’honore certes, mais pas question de laisser penser à ce jeune homme qu’il a une chance de finir dans mon lit. Je redouble de signaux – c’est là qu’il faut être attentif les gars : regard fuyant des familles, textos-de-bonne-copine-qu’est-ce-qu’on-rigole, sujets de conversation jamais trop personnels, et surtout, pas plus de deux heures ensemble – bah ouais, on se connaît pas et je me fais un peu chier avec toi et ton économie-sociale-et-solidaire-de-mon-cul. Non mais sérieux, on vous a déjà calé trois fois « développement durable » en date vous ? Rien de tel pour me mettre chonchon. Mon téléphone, vite, mon téléphone (gros indicateur également). Un peu comme ce verre de vin que j’ai descendu en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Comme si ça allait faire défiler le temps plus vite… A défaut de m’envoyer du rêve, je me suis prise à rêver toute seule !

Grâce à mon petit-mensonge-sans-conséquence, mais m’assurant d’un supplice pas trop long, on se sépare au bout d’à peine 1h30. J’essaye de cacher mon regain de bonne humeur soudain alors que nous passons la porte du bar. On marche un peu. Il m’accompagne – me colle au sneakers – un peu. Jusqu’au doux moment de la séparation : « bon, bah, à plus ! ».

Et là, c’est le grand plongeon !

Je m’approche pour le biser et, comme vous à l’instant, je crois que le garçon a été légèrement dyslexique du code social, puisqu’il a tenté le tout pour le tout en prenant une trajectoire droite alors que je tentais de partir en biais. Vous voyez le genre ? Je me suis sentie comme Kate Winslet voyant l’iceberg arriver sur le Titanic mais ne pouvant absolument rien faire pour empêcher la tragédie qui se profile… Evidemment, j’ai persisté sur ma trajectoire initiale. Moment gênant, puisqu’il a cru bon persister dans son idée…

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Cela va sans dire que la gêne est montée crescendo quand il a essayé de bredouiller quelques mots genre je-t’explique-au-cas-où-t’ai-pas-bien-compris-ce-que-je-comptais-faire. Trop pour moi… J’ai tourné les talons alors qu’il essayait d’être drôle dans mon dos. Bonjour tristesse !

Oui mais voilà, fallait pas ignorer les signaux. Je vais pas t’expliquer en trois partie que je te vois venir depuis le début mais que t’es trop bien-sous-tout-rapport pour que je t’expédie comme un gros relou qu’a la dalle. Par contre, ce qui est incroyable, c’est que t’ai pas remarqué qu’on avait strictement rien en commun et que tu me faisais autant bander que Jean-Luc Mélenchon (il m’en a parlé juste avant, true story !) et Eva Joly réunis.

Je pense que nous pouvons clairement affirmer que ce charmant écolo-chianto-révolutionnaire-de-société n’a pas vu se profiler la friendzone à l’horizon – et c’est bien dommage, ça m’aurait évité le naufrage du Titanic en live. Et j’avoue que compte tenu de la teneur de nos relations, même pour lui confirmer qu’il était friendzoné, je ne pouvais décemment pas évoquer mes dernières parties de jambe en l’air endiablées. Il se serait étouffé avec son Breizh Cola le pauvre – cliché un jour, cliché toujours.

Par honnêteté intellectuelle, je me dois de doucher les espoirs des plus désespérés, partis en quête de la solution miracle pour s’extirper de la friendzone. Je crois pouvoir affirmer que : c’est mort ! Ou plutôt, pas vraiment, mais vu la proportion de ceux qui y arrivent, ça vaut pas le coup d’en parler. C’est quand même pas évident de passer de Quasimodo (maxi friendzoné lui d’ailleurs) à Don Juan, qu’on se le dise. Je n’aurais qu’un conseil : plus t’attends, plus tu t’enfonces !

Par contre, une fois que vous avez plongé, que vous vous êtes pris l’iceberg en pleine face (mais pas vraiment comme vous l’auriez espéré) et que votre target vous laisse à deux doigts de l’hypothermie, en vrac sur la banquise, évitez de vous enfoncer un peu plus. Le marasme est assez grand comme ça.

ON NE RENVOIE PAS DE TEXTO POUR SE LE FAIRE CONFIRMER !

Of course, j’ai eu le droit à : « J’ai l’impression que ma tentative t’as fait fuir, nan ? » Perspicace avec ça… J’ai laissé le vent froid des terres australes souffler sur lui.

Ca fait l’affaire comme réponse « nan » ?

 

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